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Publié le 4 septembre 2026

Superprof, Acadomia ou en direct — ce que coûte vraiment un intermédiaire

Un parent vous appelle. Il vous a trouvé sur Superprof, votre profil lui plaît, mais une voisine lui a dit de passer par un organisme « pour le crédit d'impôt ». Il vous demande ce que vous en pensez. Vous répondez quelque chose, et vous raccrochez en réalisant que vous ne savez pas exactement ce que chaque option lui coûterait, ni ce qu'elle vous coûterait à vous.

Les intermédiaires du cours particulier ne se ressemblent pas. Ils ne prennent pas leur part au même endroit, et ils ne laissent pas la même chose derrière eux. Avant de comparer des noms, il faut comparer des modèles.

Trois modèles, pas un

Derrière les enseignes, il n'existe que trois façons de se placer entre un professeur et un élève :

  1. L'annuaire payé par l'élève. Le professeur publie une annonce ; l'élève paie pour le contacter. Une fois en relation, ils se débrouillent.
  2. La place de marché à commission. La réservation et le paiement passent par la plateforme, qui retient un pourcentage sur chaque cours.
  3. L'organisme qui vous salarie. C'est lui qui vend le cours à la famille ; vous êtes rémunéré à l'heure, comme salarié de l'organisme ou de la famille.

Chaque modèle répond à la même question — qui paie l'intermédiaire, et sur quoi — d'une manière qui change tout le reste : qui fixe le prix, qui possède l'élève, et ce que vous gardez d'une heure de travail.

L'annuaire payé par l'élève : Superprof

C'est le modèle de Superprof, et de la plupart des sites d'annonces spécialisés. Au moment où nous écrivons, l'inscription et l'annonce y sont gratuites pour le professeur, qui ne reverse aucune commission sur ses cours. L'élève, lui, paie un abonnement pour pouvoir écrire aux professeurs — un « Pass élève » de 39 € par mois, prélevé seulement si le professeur accepte la demande. Le professeur peut payer une option pour remonter dans les résultats, et des frais s'appliquent si le règlement du cours passe par la plateforme, ce qui n'est pas obligatoire.

Ce que ça vous coûte : rien, ou presque. Ce que ça coûte à l'élève : 39 € pour vous parler, avant même le premier cours. Deux conséquences suivent.

La première : la pression sur le prix. L'élève a payé pour entrer ; il compare ensuite des profils alignés, à tarif visible, et beaucoup de professeurs offrent le premier cours. Le tarif affiché devient un argument de tri, et il est tentant de le baisser pour apparaître raisonnable à côté du voisin.

La seconde, en votre faveur : la relation vous appartient. Une fois le contact établi, rien ne vous oblige à repasser par la plateforme. L'élève qui reste trois ans avec vous ne lui aura coûté qu'un mois d'abonnement, et ne vous aura rien coûté du tout.

Le modèle est donc excellent pour amorcer, et sans intérêt pour durer : il ne vous apporte ni différenciation, ni outil, ni le crédit d'impôt — celui-ci dépend de votre propre déclaration services à la personne, pas de l'annuaire.

La place de marché à commission

Ici, la plateforme ne vend pas un accès : elle prend une part de chaque cours réservé par son intermédiaire. Les taux varient d'un service à l'autre, et le calcul est toujours le même — sur un cours de 40 € avec une commission de 15 %, vous gardez 34 €.

Ce chiffre seul ne dit rien. Les deux questions qui comptent sont ailleurs, et elles se lisent dans les conditions d'utilisation :

Bien lue, une commission d'apport est le plus honnête des trois modèles : vous ne payez que quand elle a produit quelque chose. Mal lue, c'est un pourcentage à vie sur des élèves que vous auriez trouvés vous-même.

L'organisme qui vous salarie : Acadomia, Complétude

Le troisième modèle ne met pas en relation : il vend. La famille achète des heures à l'organisme, à un tarif fixé par lui. Vous touchez une rémunération horaire, fixée par lui aussi. Entre les deux, l'organisme finance la publicité, le recrutement, sa propre déclaration services à la personne — qui ouvre le crédit d'impôt à la famille sans que vous ayez rien à faire — et ses marges.

Deux formes juridiques coexistent. En prestataire, l'organisme vous emploie et facture la famille. En mandataire, la famille est votre employeur au sens du droit du travail, et l'organisme se charge pour elle des formalités contre des frais : chez Complétude, par exemple, l'inscription d'une famille est facturée à part, et ce sont bien les parents qui emploient le professeur. Beaucoup de familles ne le savent pas ; beaucoup de professeurs non plus.

Ce que vous gardez : la rémunération annoncée. Acadomia affiche, pour l'année 2026-2027, une fourchette de 18 à 39 € brut de l'heure selon le niveau, le profil et le volume. Ce que paie la famille est supérieur, et l'écart est précisément le prix du service que l'organisme lui rend.

Ce que vous ne gardez pas : l'élève. Il est client de l'organisme. Votre contrat dit ce qu'il advient si vous souhaitez continuer avec lui en direct, et il vaut mieux le lire avant de l'espérer.

Les trois modèles côte à côte

Annuaire (Superprof) Place de marché à commission Organisme (Acadomia, Complétude)
Qui paie l'intermédiaire L'élève, par abonnement Vous, par un pourcentage sur chaque cours réservé La famille, dans le prix de l'heure
Qui fixe votre tarif Vous Vous, commission déduite L'organisme
Ce que vous gardez d'un cours à 40 € 40 € 34 € à 15 % de commission La rémunération horaire annoncée
Qui possède la relation Vous, dès le contact Selon les conditions — à lire L'organisme
Crédit d'impôt pour la famille Si vous êtes déclaré SAP et enseignez à domicile Idem Porté par l'organisme
Ce qu'il vous apporte Des contacts Des réservations, et parfois un outil Un flux d'élèves sans aucune démarche

Quand l'intermédiaire vaut son prix

Il n'y a pas de bonne réponse en général, mais il y a une façon de compter. Un intermédiaire vaut ce qu'il coûte tant qu'il vous apporte des élèves que vous n'auriez pas eus, et que sa part reste sous ce que vous auriez dépensé pour les trouver.

Le calcul se fait sur la durée de la relation, pas sur le premier cours. Trente-cinq cours par an et par élève, plusieurs années : c'est sur cette base qu'un pourcentage devient cher.

Ce que « en direct » demande vraiment

Se passer d'intermédiaire ne coûte pas un pourcentage, mais cela coûte quelque chose : ce que l'organisme faisait à votre place. Quatre choses, concrètement.

Un statut. La micro-entreprise suffit à la plupart des professeurs, et chaque facture doit porter les mentions qui vont avec.

La déclaration services à la personne, si vous voulez que vos élèves aient le crédit d'impôt. Elle est gratuite et se fait en ligne, mais elle engage : le crédit ne vaut que pour les cours donnés au domicile de l'élève, et l'organisme déclaré était, jusqu'à récemment, tenu de n'exercer que des activités de services à la personne (art. L. 7232-1-1 du code du travail). D'après la FAQ publiée par l'administration des services à la personne, les micro-entrepreneurs bénéficient depuis le 1er janvier 2025 d'une dispense de cette condition, sous réserve notamment que l'activité accessoire n'excède pas 30 % du chiffre d'affaires et fasse l'objet d'une comptabilité séparée. Vérifiez votre situation avant de mêler cours à domicile et cours au studio sous la même déclaration.

Des documents en règle. L'attestation fiscale annuelle avant le 31 mars, la facture à chaque règlement, le décompte des heures. C'est ce qui fait qu'une famille vous traite comme un professionnel, et ce que l'organisme faisait sans que vous le voyiez.

Une présence qu'on peut recommander. Une adresse à vous, avec votre présentation, vos tarifs, vos disponibilités, et quelques avis. C'est ce qui remplace l'annonce sur l'annuaire, à ceci près qu'elle est à votre nom et qu'elle ne se compare à personne.

Aucune de ces quatre choses ne demande un pourcentage. Elles demandent une soirée pour se mettre en place, et un outil pour ne pas y repenser ensuite.

Ce que CrescendoW fait de ce problème

CrescendoW est l'outil du modèle « en direct » : la page publique à votre nom avec réservation sur vos créneaux réels et avis vérifiés, la facture conforme, le décompte des heures, l'attestation fiscale annuelle éditée à partir des cours enregistrés avec leur lieu, le rappel de la veille et l'espace où chaque élève consulte ses cours. Tout cela est compris dans l'outil, sans abonnement, et suivre ou facturer vos propres élèves ne coûte rien.

Là où CrescendoW prend une part, il le dit : sur les réservations qu'apportera son catalogue public, quand il ouvrira, au taux affiché sur la page d'accueil, et jamais sur les élèves que vous avez amenés vous-même. C'est le second modèle décrit plus haut, dans sa version où la commission ne porte que sur l'apport — et vous choisissez d'y figurer ou non.

Cet article décrit l'état du droit à la date de sa publication et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du chiffre. Les tarifs, conditions et rémunérations des plateformes et organismes cités sont ceux qu'ils publiaient au moment de la rédaction, et peuvent changer.