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Publié le 4 septembre 2026

Devenir professeur particulier indépendant — le guide, du statut aux premiers élèves

Vous avez donné quelques cours au fils d'une voisine, payés de la main à la main. Puis une amie de la voisine a demandé votre numéro, puis une collègue de l'amie. Vous voilà avec trois familles, un agenda qui se remplit, et une gêne qui grandit : vous savez que ça devrait être déclaré, vous ne savez pas par où commencer, et vous avez peur que la paperasse mange le peu que vous gagnez.

Elle ne le mangera pas. Se mettre en règle comme professeur particulier tient en une soirée de démarches, une déclaration par trimestre, et quelques habitudes. Ce guide les prend dans l'ordre, avec les chiffres tels qu'ils s'appliquent à la rentrée 2026, et renvoie vers des articles plus détaillés là où une question mérite la sienne.

Trois cadres possibles, et pourquoi la micro-entreprise l'emporte

Un cours particulier peut se donner dans trois cadres. Le choix se fait moins sur la fiscalité que sur une question simple : qui est le patron ?

Salarié de la famille (Cesu) Micro-entrepreneur Salarié d'un organisme
Qui vous emploie La famille, qui vous déclare au Cesu Personne : vous facturez Acadomia, Complétude et semblables
Qui fixe le prix Vous et la famille Vous L'organisme
Les démarches Aucune pour vous ; la famille déclare Une inscription, puis une déclaration par mois ou par trimestre Aucune
Convient à Quelques heures chez une ou deux familles Une activité, même à temps partiel Un début sans réseau, sans aucune gestion

Le Cesu est le bon outil quand une seule famille vous emploie quelques heures : elle vous déclare, vous recevez un bulletin de paie, elle bénéficie du crédit d'impôt. Il devient impraticable dès que dix familles seraient chacune votre employeur. L'organisme, lui, vous apporte des élèves contre la plus faible part de chaque heure, et l'élève reste le sien — ce que coûte chaque intermédiaire est traité à part.

La micro-entreprise est le cadre de celui qui veut une activité à lui. La suite du guide la suppose.

Étape 1 — Se déclarer : le guichet unique, en une soirée

Depuis 2023, toute création d'entreprise passe par le guichet unique tenu par l'INPI. Vous y déclarez une activité libérale non réglementée d'enseignement, en indiquant que les cours sont donnés hors établissement. Il faut une pièce d'identité, un justificatif de domicile et une déclaration de non-condamnation. Le numéro SIRET arrive en une à deux semaines.

Trois choix se font à ce moment, et il vaut mieux les avoir préparés :

Une quatrième démarche est à faire dans les soixante jours : la demande d'ACRE, l'exonération partielle de cotisations de la première année. Elle n'est pas automatique. Elle est réservée à certains publics — demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA, jeunes de moins de 26 ans, entre autres — et, d'après les textes applicables aux créations à compter du 1er juillet 2026, elle allège les cotisations d'un quart pendant quatre trimestres. Si vous y avez droit, c'est le formulaire le plus rentable de l'année.

Étape 2 — Ce que vous garderez d'une heure de cours

C'est la question que tout le monde se pose, et à laquelle on répond par des pourcentages sans dire de quoi. Reprenons sur un cours facturé 40 €.

Les cotisations sociales se calculent sur ce que vous encaissez, sans déduction possible. Pour une profession libérale non réglementée en micro-entreprise, le taux est de 25,6 % depuis le 1er janvier 2026, après une hausse par paliers engagée en 2024 pour financer les indemnités journalières des libéraux. Sur 40 €, cela fait 10,24 € : il reste 29,76 €.

L'impôt sur le revenu se calcule autrement. Vos recettes sont déclarées en bénéfices non commerciaux, et l'administration en retient 66 % comme revenu imposable — c'est l'abattement forfaitaire de 34 %, réputé couvrir vos frais. Sur 40 €, 26,40 € s'ajoutent à vos autres revenus et sont taxés à votre tranche. L'option du versement libératoire remplace ce calcul par un prélèvement de 2,2 % des recettes, payé avec les cotisations. Elle n'est ouverte qu'en dessous d'un certain revenu fiscal de référence du foyer. Elle est intéressante si votre tranche marginale est élevée, et défavorable si votre foyer n'est pas imposable : dans ce cas, vous paieriez un impôt que vous ne deviez pas.

Sur un cours à 40 €, hors ACRE
Cotisations sociales (25,6 %) 10,24 €
Reste après cotisations 29,76 €
Revenu imposable (abattement de 34 %) 26,40 €, à votre tranche
Ou versement libératoire (2,2 %) 0,88 €

Deux autres prélèvements existent, et pèsent peu :

Enfin, le régime micro a un plafond : 83 600 € de recettes annuelles depuis 2026, d'après la loi de finances pour 2026, contre 77 700 € auparavant. Un professeur seul l'atteint rarement.

Étape 3 — La TVA : vous n'en facturez pas, et pas pour la raison qu'on croit

La plupart des micro-entrepreneurs ne facturent pas de TVA parce qu'ils sont en franchise en base, et écrivent sur leurs factures « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Un professeur particulier est dans une situation différente, et plus solide.

Les cours ou leçons particuliers dispensés personnellement par une personne physique qui perçoit directement de ses élèves sa rémunération sont exonérés de TVA (art. 261, 4, 4° b du CGI). L'exonération couvre l'enseignement scolaire, universitaire, artistique et sportif. Elle ne dépend d'aucun seuil, et elle tient tant que deux conditions sont réunies : c'est vous qui donnez le cours, et c'est l'élève ou sa famille qui vous paie. Un cours donné avec le concours d'un assistant, ou vendu par un établissement qui vous rémunère, sort du dispositif.

La conséquence pratique est double. Vos factures portent la mention de l'exonération, avec la référence de l'article, plutôt que celle de la franchise. Et si vous vendez autre chose que des leçons — un stage avec plusieurs intervenants, la location d'un instrument — cette part-là relève du régime ordinaire, franchise comprise. Les mentions d'une facture, TVA incluse, ont leur propre article.

Étape 4 — Services à la personne : la déclaration qui divise le prix pour vos élèves

Un professeur déclaré organisme de services à la personne ouvre à ses clients un crédit d'impôt sur le revenu de 50 % des sommes versées pour les cours donnés à leur domicile (art. 199 sexdecies du CGI). Dans la limite d'un plafond annuel de dépenses commun à tous les services à la personne du foyer, un cours à 40 € en coûte 20 à la famille, et 20 dès le paiement si elle a activé l'avance immédiate de l'Urssaf. C'est l'argument commercial le plus fort dont vous disposiez, et il ne dépend d'aucune plateforme.

La déclaration se fait en ligne, sur le portail NOVA, sans frais. Elle engage à trois choses :

  1. Le lieu. Le crédit ne vaut que pour les cours donnés chez l'élève. Un cours au studio ou en visioconférence se facture normalement, mais n'y ouvre pas droit, et la mention du crédit ne doit pas figurer sur sa facture.
  2. Les documents. Une facture qui porte votre numéro de déclaration avec sa date, le taux horaire et le décompte des heures (art. D. 7233-1 du code du travail), et une attestation annuelle remise à chaque client avant le 31 mars.
  3. L'activité. L'organisme déclaré était tenu de n'exercer que des activités de services à la personne (art. L. 7232-1-1 du code du travail). Une dispense existe pour les micro-entrepreneurs depuis le 1er janvier 2025, d'après la FAQ publiée par l'administration des services à la personne : l'activité accessoire ne doit pas excéder 30 % du chiffre d'affaires, et faire l'objet d'une comptabilité séparée. Si l'essentiel de vos cours se donne au studio ou en ligne, la déclaration vous apporte peu et vous contraint beaucoup : c'est le cas où l'on s'en passe.

Étape 5 — Facturer, encaisser, garder une trace

Quatre habitudes, à prendre dès le premier cours payé.

Une facture par règlement, numérotée sans trou, avec les mentions obligatoires — et, devant un particulier, sans les pénalités de retard des factures entre professionnels. Le brouillon ne consomme pas de numéro ; la facture émise ne se modifie plus.

Une convention avec la famille, même courte, qui dit le tarif, le lieu, ce qui se passe en cas d'absence et le délai pour annuler. Pour un élève mineur, c'est le parent qui s'engage et qui paie ; c'est lui que la facture nomme. Une règle d'annulation écrite avant le premier cours épargne la conversation la plus désagréable du métier.

Un compte à part. Il devient obligatoire lorsque vos recettes dépassent 10 000 € deux années de suite (art. L. 613-10 du code de la sécurité sociale). Un simple compte courant dédié suffit, et vous ne regretterez jamais de l'avoir ouvert le premier mois.

La déclaration à l'Urssaf, à date. Mensuelle ou trimestrielle, sur le chiffre encaissé, même nul. Ce qui est encaissé compte, pas ce qui est facturé : un cours de décembre réglé en janvier se déclare en janvier.

Une assurance de responsabilité civile professionnelle n'est pas imposée pour donner des cours ; elle coûte peu et couvre l'accident chez un élève. Elle est recommandée dès que vous enseignez au domicile des familles.

Étape 6 — Les premiers élèves, et le tarif

Le statut ne remplit pas l'agenda. Les canaux qui amènent des élèves, ce qu'ils coûtent et comment garder ceux qu'on a trouvés ont leur propre guide. Un seul point tient ici : le tarif se calcule à l'envers.

Partez du revenu mensuel que vous visez, ajoutez les cotisations — divisez par 0,744 pour retrouver le chiffre d'affaires qui les couvre au taux de 25,6 % —, puis divisez par le nombre d'heures que vous pouvez réellement donner, trajets compris. Un professeur qui vise 1 500 € nets de cotisations avec soixante heures de cours par mois doit encaisser environ 2 016 €, soit 33,60 € l'heure. Comparez ensuite avec les tarifs de votre ville, et n'oubliez pas que, pour une famille, un cours à domicile déclaré services à la personne vaut la moitié de son prix.

Le calendrier de la première année

Quand Quoi
Jour 1 Création au guichet unique de l'INPI ; choix du rythme de déclaration et de l'option de versement libératoire
Sous 60 jours Demande d'ACRE, si vous y avez droit
Dès le SIRET reçu Déclaration services à la personne sur NOVA, si vos cours ont lieu chez les élèves
Chaque mois ou trimestre Déclaration du chiffre d'affaires encaissé à l'Urssaf, même nul
Avant le 31 décembre Déclaration initiale de CFE, en signalant l'exonération des professeurs
Avant le 31 mars suivant Attestation fiscale annuelle à chaque client, si vous êtes déclaré services à la personne
Mai-juin suivant Recettes de l'année portées sur la déclaration de revenus, formulaire 2042-C PRO

Ce que CrescendoW fait de ce problème

CrescendoW prend en charge la partie de ce guide qui revient chaque semaine. Chaque cours est enregistré avec son élève, son tarif et son lieu ; la facture en sort avec les mentions obligatoires, un numéro tiré à l'émission, la mention du crédit d'impôt seulement quand le cours a eu lieu chez l'élève, et sans pénalités de retard devant un particulier. Le récapitulatif mensuel et l'attestation fiscale annuelle se génèrent à partir des mêmes cours. Les statistiques donnent le chiffre encaissé sur la période, qui est celui à déclarer à l'Urssaf.

Le reste vous appartient : la création au guichet unique, la déclaration services à la personne, la demande d'ACRE, les déclarations elles-mêmes. CrescendoW ne les fait pas à votre place ; il fait en sorte que les chiffres à y porter existent, à jour, sans que vous les reconstituiez en mars. L'outil est compris sans abonnement pour vos propres élèves ; les rappels par SMS et l'encaissement par carte sont facturés à l'usage, aux prix affichés sur la page d'accueil. Créer un compte prend deux minutes.

Cet article décrit l'état du droit et les taux applicables à la date de sa publication, et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du chiffre. Les références d'articles y sont données pour que vous puissiez les vérifier ; les taux et seuils changent, souvent au 1er janvier.